Des Mairiacs et des Fols habitaient les grottes ?
1. Les Sarrazins

Le souvenir ou le nom de peuples envahissants ou persécutés se rattachent à quelques cavernes ; mais les légendes qu’ils supposent n’ont pas toujours été recueillies.
Les habitants d’Allevard (Isère) disent que les Sarrasins habitèrent longtemps des grottes redoutées. A Mantilly une caverne s’appelle Maison des Sarrasins ; jadis on n’osait passer auprès, parce qu’un taureau noir se cachait au fond. Les cavités dans les rochers sont assez souvent désignées en Hainaut sous le nom de Trous de Sarrasins. Le peuple raconte que les Sarrasins étaient des fondeurs de fer voyageant d’un endroit à l’autre. Ils avaient des fours portatifs et les campagnards montrent les scories que ces nomades auraient laissées derrière eux, et qui s’appellent « creyas de Sarrasins ». Il est assez vraisemblable qu’il s’agit ici, comme pour les Fols, de Bohémiens fondeurs de métaux ; ils sont encore en plusieurs pays de France désignés sous le nom de Sarrasins, avec des formes dialectales.
A Annecy, il existe une grotte des Sarrazins qui doit son nom aux légendes locales qui racontent qu’elle servait de refuge aux Sarrasins, terme utilisé au Moyen Âge pour désigner les musulmans par les chrétiens européens. Selon ces récits, lors de l’invasion arabe du VIIIe siècle, les envahisseurs auraient utilisé la grotte comme cachette. Il est assez vraisemblable qu’il s’agit ici, comme dans le récit qui suit, de Bohémiens fondeurs de métaux ; ils sont encore en plusieurs pays de France désignés sous le nom de Sarrasins, avec des formes dialectales.
2. Les Fols

Des gens qui n’avaient rien de commun avec les honnêtes chrétiens du voisinage vivaient, il y a bien longtemps, dans la grotte de la Pierre folle de Besson. Les hommes ne travaillaient pas, les femmes allaient mendier dans la campagne, et on leur faisait l’aumône par crainte de leurs sortilèges. Les Fols, c’est ainsi qu’on les appelait, ne ressemblaient pas aux gens du pays ; ils avaient le teint basané et les cheveux noirs et lisses. Les femmes avaient des mamelles si longues qu’elles les rejetaient par-dessus leurs épaules pour être plus à l’aise. Les derniers Fols auraient disparu vers la fin du XVIIIe siècle. Il est probable que quelque tribu de Bohémiens s’était fixée dans cette solitude ; plusieurs des caractères physiques des Fols se rapportent assez à certains de ceux des Tsiganes ou Romanichels.
3. Mairiacs ou Maures
