L’Influence des empreintes magiques en France

1. Empreintes vénérées

Comme l’a montré Paul Sébillot dans trois sections de ses travaux, les empreintes merveilleuses peuvent être classées selon différents critères :
On les associe à une multitude de personnages — héros mythiques, saints ou figures sacrées — et elles sont souvent entourées de récits transmis de génération en génération. Cependant, l’importance de ce folklore ne s’explique peut-être pas uniquement par la curiosité ou l’étonnement qu’elles suscitent. Il est possible qu’il reflète d’anciennes croyances et pratiques rituelles, aujourd’hui mal connues, mais dont subsistent certaines traces dans les traditions populaires.
Les empreintes merveilleuses ont parfois fait l’objet d’un véritable culte, comparable à celui rendu aux grosses pierres naturelles ou aux mégalithes. L’écrivain antique Lucien de Samosate évoque par exemple un voyageur imaginaire qui adore les empreintes du pied d’Hercule et de Bacchus. Cette anecdote pourrait être une satire, mais elle suggère aussi que ce type de pratique religieuse païenne était suffisamment répandu pour être connu du public.
En France, la vénération de ces empreintes apparaît dès les premiers siècles de l’ère chrétienne. Pourtant, il est probable que certaines d’entre elles étaient déjà honorées avant l’arrivée du christianisme. Les fidèles venaient alors y demander bonheur ou guérison. Face à ces pratiques très anciennes, les apôtres et les autorités chrétiennes ne les supprimèrent pas toujours. Ils adoptèrent souvent une stratégie d’adaptation :
Ce phénomène s’observe également pour d’autres lieux sacrés, comme les fontaines guérisseuses.
Cette transformation explique la présence de nombreux Pas de saint Martin en Bourgogne et dans les régions voisines. Selon un historien, ces empreintes marqueraient symboliquement les voyages évangéliques de saint Martin. Dans d’autres régions, l’Église adopta un procédé similaire. Les apparitions de saints, parfois matérialisées par des monuments ou des traditions locales, se superposèrent aux anciennes croyances sans toujours les effacer complètement. Les visites se poursuivirent alors sous la forme de pèlerinages, avec des rites parfois modifiés — mais dont l’esprit restait proche des pratiques plus anciennes.
Plusieurs exemples sont mentionnés par Grégoire de Tours, qui rapporte l’existence d’empreintes vénérées par les fidèles. Parmi elles figure une pierre située dans la basilique de Saint-Martin de Tours, sur laquelle le saint se serait assis. D’autres lieux témoignent également de cette tradition :
2. Empreintes et Fécondité

Certaines pierres utilisées dans ces rituels possèdent des formes particulières : rigoles, bassins ou cavités. Ces caractéristiques ont peut-être contribué à leur choix pour des pratiques liées à la fécondité. Un exemple connu est celui de la « Roche Écriante » à Mellé (Ille-et-Vilaine), dont la surface présente des creux et des sillons. Ce type de relief pouvait favoriser certains gestes rituels, comme la glissade ou la friction, qui faisaient partie des pratiques symboliques associées à la fertilité. Malgré tout, les témoignages relatifs à ces rites restent peu nombreux, ce qui rend leur interprétation parfois difficile.
Dans le culte des pierres, un geste revient fréquemment : mettre son corps en contact direct avec la pierre sacrée. Le croyant attribue à la pierre une puissance capable de transmettre ses vertus. e principe se retrouve également dans les visites aux empreintes réputées miraculeuses. Certaines d’entre elles étaient réputées rendre la fécondité aux femmes, tout comme d’autres rochers vénérés. À la fin du XVIIIᵉ siècle, par exemple, les épouses stériles se rendaient à Locronan (Finistère). Elles se frottaient contre deux rochers sur lesquels les roues de la charrette transportant le corps de saint Ronan auraient laissé leur empreinte.
Une tradition rapportée à Chambry affirme même que la mère de François Henri de Franquetot de Coigny serait née grâce à cette pratique, alors que ses parents étaient mariés depuis vingt ans. Dans la même logique, les femmes accomplissaient encore récemment un geste similaire sur un rocher de Saint-Étienne-en-Coglès, dont le sommet est marqué par un superbe bassin naturel.
D’autres empreintes étaient directement associées au désir de concevoir un enfant. À Spa (Belgique), les femmes qui souhaitent devenir mères placent leur chaussure dans une cavité du rocher appelée Pas de Saint-Remacle. Ce geste symbolique est censé favoriser la conception.
Les croyances liées aux empreintes ne concernent pas seulement la fertilité : certaines sont aussi associées à l’amour et au mariage. Dans le pays fougerais, une pierre appelée « Chaire au Diable » possède une réputation particulière. Il suffirait de s’y asseoir pendant un temps déterminé, à une période précise de l’année, pour que la personne que l’on aime finisse par répondre à vos sentiments. De même, dans la commune de Cinais, près de Chinon, une empreinte du pied de saint Martin est visible sur un rocher. Selon la tradition locale, le jeune homme ou la jeune fille qui place son pied dans cette empreinte est assuré de se marier dans l’année.
3. Empreintes guérissante

À Méneac (Morbihan), une roche porte trois empreintes attribuées à la Vierge. Les mères y conduisent les enfants qui tardent à marcher. Le rituel est précis :
Ce geste symbolique est censé aider l’enfant à acquérir la marche. Une pratique semblable est évoquée dans le sud de la Bretagne par le poète Auguste Brizeux, qui décrit une scène près de Carnac :
« Bientôt m’apparaissaient Carnac et son clocher,
Quand je vis au détour d’un immense rocher
Un enfant qu’on faisait marcher sur cette pierre ;
Son père le tenait sous les bras, et la mère
Prenant les petits pieds de l’enfant, son amour,
Dans les creux du rocher les posait tour à tour ;
Tout près, dévotement brûlait un bout de cierge,
Car ces creux vénérés sont les Pas de la Vierge.
Ils sont, depuis mille ans, empreints sur ce rocher.
Et par eux les enfants apprennent à marcher. »
À Brignoux (Vienne), les mères conduisent également leurs enfants à un gros rocher portant la dépression laissée par la mule de saint Martin. Le rituel, associant ainsi dévotion, charité et espoir de guérison, comporte plusieurs étapes :
Dans le Beaujolais, à Saint-Romain-de-Popay, un rocher à écuelles nommé Pierre de Clevis est réputé aider les enfants qui apprennent difficilement à marcher. La pratique locale consiste à conduire l’enfant sur la pierre et à lui faire uriner dans une cavité du rocher. Selon la croyance populaire, la guérison — ou plutôt l’amélioration — suit rapidement ce geste rituel.
Dans certaines régions de Bretagne, les nouveau-nés présentant une veine bleue entre les sourcils sont considérés comme atteints du Mal de Saint-Divy. Ce signe est parfois interprété comme annonçant une mort prématurée. Pour conjurer ce danger, les familles conduisent les enfants à Dirinon (Finistère). Là se trouve une pierre portant l’empreinte des genoux de sainte Nonne, mère de saint Divy. Le contact avec cette pierre est censé obtenir la protection du saint et préserver l’enfant du destin redouté.
Une autre tradition se rencontre dans les Deux-Sèvres, près de la chapelle de Saint-Laurent. Les pèlerins y viennent appuyer leur chaussure sur le Pas de la Vierge, empreinte sacrée située à proximité de la chapelle. Ce geste s’inscrit dans un ensemble de pratiques où le contact physique avec l’empreinte permettrait de recevoir une protection ou une guérison.
4. L’Application sur l’empreinte

À Besné (Loire-Inférieure), le lit de saint Secondel, une fente granitique dans laquelle ce solitaire aurait dormi, est profondément usé par les pèlerins qui viennent s’y coucher pour obtenir guérison ou protection. Lors de la Troménie ou procession de Saint-Ronan, les personnes souffrant de fièvres ou de maladies nerveuses s’asseyent dans une anfractuosité du roc. Cette cavité naturelle, semblable à une chaire de pierre, est réputée être l’endroit où le saint venait autrefois méditer. Dans la Brie, les pèlerins se plaçaient également sur le siège de saint Fiacre afin de se débarrasser de diverses infirmités. Une oraison à ce saint, conservée dans un livre d’heures imprimé en 1509, mentionne même la liste des maux que cette pratique était censée soulager. En Savoie, les personnes atteintes de sciatique s’asseyaient sur un petit bloc appelé la Selle de saint Bernard, situé près de la chapelle de Saint-Clair, où elles accomplissaient ensuite leurs dévotions.
À Pleumeur-Bodou (Côtes-d’Armor), les personnes souffrant de douleurs lombaires ou de rhumatismes se couchent sur un rocher nommé Pierre de saint Samson, situé près d’une chapelle dédiée à cet évêque de Dol. Dans le Morbihan, à Plumergat, les paysans s’étendent dans l’une des pierres à bassins en invoquant saint Étienne. D’autres rites concernent les enfants :
Dans ce dernier cas, le rituel comporte un geste supplémentaire : les mères fouettent légèrement l’enfant avec un balai de genêt, puis utilisent ce balai pour balayer la pierre.
Près de Dourgues (Aude), sur le sommet d’une montagne, une chapelle dédiée à saint Stapin était autrefois le centre d’un pèlerinage singulier, davantage tourné vers les empreintes du rocher que vers le saint lui-même. Vers 1820, la cérémonie se déroulait ainsi :
Chaque cavité correspondait à une partie du corps : tête, bras, cuisse, autre membre. Le malade devait introduire la partie souffrante dans le trou approprié. Une fois ce rituel accompli, la guérison était censée suivre.
Une coutume comparable existait en Basse-Bretagne. Lorsqu’une personne se blessait à un membre, elle plaçait celui-ci dans une cavité creusée dans un gros bloc de pierre naturellement arrondi. Autrefois situé dans un champ près du village de Kerangolet en Gouesnou, ce bloc fut plus tard installé dans une petite chapelle près du bourg. De même, les pèlerins se rendaient auprès d’un rocher où sainte Procule aurait laissé l’empreinte de sa tête, de son corps et de ses bras. Ils appliquaient leurs propres membres sur ces traces afin d’obtenir guérison ou soulagement.
Comme pour les pierres sacrées ou les fontaines miraculeuses, l’efficacité du rite dépendait parfois du moment précis où il était accompli. Ce détail est souvent considéré comme un indice de l’ancienneté des pratiques. Ainsi, vers 1807, dans la Haute-Loire, de nombreux pèlerins se rendaient à un rocher nommé Pierre de Saint-Martin, marqué de plusieurs cavités. Malgré les tentatives du clergé pour faire disparaître ce culte, la tradition persistait. Cependant, la visite n’était réputée efficace que si elle se déroulait avant le lever du soleil ou après son coucher.
5. Empreintes et Amour

À Saint-Étienne-en-Coglès (Ille-et-Vilaine), une pierre à bassin était associée aux espoirs de mariage des jeunes filles. La tradition voulait que la jeune fille souhaitant se marier dans l’année monte sur la pierre et s’y tienne en équilibre. Le rituel comportait une autre condition : elle ne devait pas rougir devant les pèlerins présents à l’assemblée de saint Eustache. Si elle réussissait cette épreuve, le présage était favorable : le mariage devait se réaliser dans l’année.
À Neuilly-Saint-Front, près de Château-Thierry, une pratique singulière se déroulait le jour même du mariage. Les nouveaux époux se rendaient au lieu-dit le Désert, où se trouvait un immense bloc de grès marqué de deux larges sillons naturels. Le rituel se déroulait ainsi :
Ce type de pratique s’apparente à une forme d’ordalie, c’est-à-dire une épreuve symbolique destinée à révéler un destin ou une vérité.
6. Empreintes et Éléments

Un exemple particulièrement typique a été relevé en Morbihan, près de Quiberon. Sur l’une des pierres du dolmen de Roch-en-Aud se trouve un groupe de sept cupules — de petites cavités creusées dans la pierre. La croyance locale attribuait à ces cupules un pouvoir singulier :
Ce rite était accompli dans l’espoir de faciliter le retour au pays natal d’un marin embarqué en mer.
7. L’eau des empreintes : ses vertus guérissantes

Certaines cavités de pierre étaient considérées comme inépuisables. À Saint-James (Manche), l’eau qui se rassemble dans les rayures du polissoir appelé Pierre Saint-Benoît, également connue sous le nom de « pierre qui pleure », est réputée revenir sans cesse dans les cavités. Même lorsqu’on parvient à la vider le soir, elle réapparaît le lendemain matin. Une croyance semblable existe dans la Mayenne, où l’on affirme qu’il est impossible d’assécher l’eau qui remplit les cannelures du polissoir de la Bertellière.
Selon Paul Sébillot, aucun document antérieur au XVe siècle ne mentionne explicitement les vertus curatives de ces eaux. Pourtant, les pratiques semblent bien plus anciennes. Un texte de cette époque évoque déjà une coutume qui devait être établie depuis longtemps :
« Se une femme se mespasse le pied, il convient que son mari voise en pèlerinage à monseigneur sainct Martin pour sa santé, et qu’il rapporte des lavemens du pied du cheval sainct Martin, et d’iceux lave son pied et si tantost elle garira. »
Cette eau, réputée guérir les entorses, provenait peut-être du polissoir Saint-Martin à Assevilliers (Somme), dont la cuvette passait pour conserver l’empreinte liée au cheval du saint.
Dans plusieurs régions, l’eau contenue dans les bassins de pierre était utilisée contre la fièvre. Dans l’Eure-et-Loir, on buvait l’eau des cavités du polissoir appelé Pierre de Saint-Martin à Civry. Après avoir bu cette eau, les fidèles priaient sur la pierre et y déposaient une offrande. Autrefois, des femmes appelées « voyageuses » parcouraient de longues distances pour aller chercher cette eau au nom de malades incapables de se déplacer. Dans le Bourbonnais, les montagnards continuent à boire l’eau des bassins de pierre pour guérir la fièvre et se protéger contre les maléfices des sorciers.
Dans la Creuse, plusieurs pierres à bassins sont associées à des pratiques curatives. À Soubrebost, les fiévreux buvaient l’eau contenue dans les trois bassins du bloc appelé lo Peiro de nau ébalai (la Pierre aux neuf gradins). Cette pierre possède neuf larges marches permettant d’atteindre son sommet. Le rituel exigeait aussi de jeter discrètement une pièce de monnaie ou une épingle dans l’un des bassins. Cette pierre était également réputée guérir certaines maladies éruptives de la tête. L’enfant malade était placé dans le petit bassin tandis que sa tête était lavée avec l’eau du grand bassin.
Plusieurs bassins naturels étaient réputés soigner les maladies de la peau. À Saint-Symphorien près d’Uchon, les personnes atteintes de teigne venaient se laver la tête dans un bassin rempli d’eau en toute saison. Près de Grandrieu (Creuse), une roche à bassin dédiée à sainte Mene recueillait l’eau de pluie. Cette eau était censée guérir diverses affections cutanées. Après la lotion, les fidèles déposaient généralement une pièce de monnaie en offrande. Cependant, la réputation de ce bassin était parfois tournée en dérision, comme le montre ce dicton local :
« Din lou bassin de Sain Mén
Aquel qu’a pas la rougno, l’y prèn »
Ce qui signifie qu’en se lavant dans ce bassin, celui qui n’avait pas la maladie risquait de l’attraper.
Certaines eaux étaient réputées particulièrement efficaces pour les affections oculaires. À Saint-James (Manche), l’eau de la Pierre qui pleure guérissait les maladies des yeux, mais aussi la fièvre et plusieurs maladies infantiles. Dans la Creuse, un bassin creusé dans un bloc de granit près du village de Terme possédait la même réputation. Dans les gorges du Tarn, près de l’Ermitage de Saint-Hilaire, l’eau qui suinte dans un petit godet naturel était également utilisée pour les maux d’yeux. Après la lotion, les pèlerins jetaient souvent une épingle, parfois attachée à un morceau du vêtement du malade. Une cavité granitique à Saint-Mars porte même le nom de Fons das uels, c’est-à-dire « la fontaine des yeux ».
Les vertus attribuées à ces eaux ne concernaient pas seulement les humains. À Plouescat (Finistère), la plus grande des vingt-cinq cavités d’un rocher situé près du corps de garde de Sainte-Eden contient en permanence de l’eau réputée miraculeuse. Elle est utilisée pour soigner les douleurs et les maladies du bétail, et les pèlerins en emportent souvent chez eux. À Assevilliers (Somme), les chevaux atteints de tranchées sont guéris par l’eau contenue dans la grande cuvette du polissoir Saint-Martin, où la tradition affirme que le saint abreuvait son cheval. L’animal malade devait boire dans le bassin et tourner plusieurs fois autour de la pierre.
8. Action de l’eau des empreintes sur le temps

À Laizy, une roche appelée Pierre Pourtue — ou Pierre percée — porte une empreinte attribuée au cheval de saint Julien. M. l’abbé Lacreuze, dans une note sur les pratiques superstitieuses dans le Morvan, rapporte la légende suivante : « Saint Léger ayant rencontré saint Julien en un lieu appelé la Brille de Pierre-Pourtue, à la limite des deux paroisses de Saint-Léger-sous Beuvray et de Laizy, il lui dit : « Jette ton marteau ; là où il tombera, ton église tu bâtiras. » La Tradition rapporte que le marteau, lancé du haut de la montagne de Meslé, tomba au lieu où a été bâtie depuis l’église de Laizy. Elle ajoute que le Cheval de Saint Julien laissa sur le rocher l’empreinte de son pied. Le nom de Pierre pourtue, percée a été donnée à cette roche.
Lors de périodes de sécheresse persistante, les habitants du voisinage se rendaient auprès de cette pierre pour accomplir un rituel destiné à provoquer la pluie. Le rite, visant à attirer la pluie et à protéger les cultures menacées, se déroulait de la manière suivante :
Une tradition comparable existait à la Banne d’Ordanche, dans le Massif central. Les paysans se rendaient en procession vers un bassin creusé dans la roche basaltique. Cette cavité portait le nom de fenêtre ou trou de Saint-Laurent.
9. Offrandes aux empreintes

La plupart des présents déposés dans les empreintes ou les bassins de pierre avaient pour but d’obtenir la guérison ou la santé. À la Pierre de Terme, fréquentée pour soigner les affections des yeux, les visiteurs laissaient généralement une épingle dans le bassin. À la Banne d’Ordanche, où l’on venait demander la guérison ou la pluie, les pèlerins déposaient des pièces de monnaie dans la cavité appelée Tronc de Saint-Laurent. Dans d’autres régions, les offrandes suivaient le même principe :
Certaines offrandes étaient associées à la santé ou au développement des enfants. À Brignoux, les mères conduisaient leurs enfants qui tardaient à marcher à l’empreinte de la mule de saint Martin. Elles y déposaient quelques pièces de monnaie, destinées aux pauvres du pays. Selon la coutume, les personnes qui recevaient cette aumône devaient prier pour l’intention du donateur, créant ainsi un lien entre la charité et la guérison espérée.
Certains lieux sacrés recevaient également des offrandes spontanées de la part des voyageurs. Dans le passage difficile des Vaux-Chinon, les passants déposaient un sou, des fleurs ou des fruits à travers un grillage qui protégeait :
Autrefois, les habitants des hameaux voisins venaient prier saint Martin près de Vorey. Ils déposaient leurs offrandes dans une cavité creusée dans le roc appelée fontaine de Saint-Martin, capable de contenir cinq à six litres d’eau et réputée ne jamais tarir. À proximité se trouvaient deux autres cavités :
Certaines pratiques permettaient même d’effectuer un pèlerinage au nom d’une autre personne. Au polissoir de Saint-Martin à Saint-Cyr-les-Bailleul (Manche), celui qui accomplissait le pèlerinage pour un malade devait suivre un rituel précis :
10. Le respect aux empreintes
